S. Maestroni, Macif : « Avec les start-up, nous voulons aller au-delà d’une relation client-fournisseur »

Qui ?
Stefania Maestroni, Vice-présidente du fonds "Macif Innovation" et Directrice de l'innovation de la Macif.

Quoi ?
Une interview, à l'occasion de la MaddyKeynote où Stefania Maestroni intervenait, pour faire le point sur la stratégie d'innovation de la Macif qui vient juste de se doter d'une direction dédiée.

Comment ?

- La Macif vient de créer une direction de l'innovation, dont vous avez pris la tête : pour quoi faire ?

L'innovation à la Macif ne date pas d'hier : il existait déjà des responsables innovation dans les différents métiers du groupe et un véhicule d'investissement, "Macif Innovation", qui a vu le jour en 2016 pour investir dans des start-up innovantes. L'idée est de fédérer, d'orienter l'ensemble des initiatives internes et d'open innovation du Groupe, d'apporter des méthodes, des outils et des ressources clés.

- Quels sont vos objectifs ?

L'innovation et l'ouverture à des partenaires sont dans l'ADN de la Macif depuis sa création, en lien avec nos valeurs mutualistes. Nous avons été précurseurs avec le constat amiable, par exemple, la prestation Solidarité Chômage, l'accompagnement aidants/aidés et nous avons également été à l'origine de la création de différentes filiales communes, comme Inter Mutuelles Assistance, qui nous permet d'enrichir nos offres de services à destination de nos sociétaires.

Notre mission est de continuer à développer de nouveaux services qui aident le sociétaire à améliorer sa qualité de vie, à augmenter et à préserver son autonomie dans différents moments de sa vie : un objectif du Groupe, fixé par le Conseil d'Administration. A titre d'exemple, nous intégrons des services à fortes compétences techniques, comme l'Internet des Objets (IoT), pour détecter et prévenir des chutes et imaginer les services de demain dans le domaine de la prévention, conformément à notre objectif de préserver l'autonomie des personnes âgées et de leur permettre de rester le plus longtemps possible à leur domicile de manière sécurisée.

- Qu'en est-il du fonds Macif innovation ? A quoi sert-t-il ?

Il a été créé en octobre 2016, dans l'optique de doter la Macif d'un véhicule d'investissement dans les start-up innovantes, pour enrichir la stratégie Innovation du groupe. Il centralise les investissements dans les start-up liées à nos différents métiers (IARD – Incendie, accident, risques divers, Santé/Prévoyance et Finance/Épargne). Ces métiers sont en contact avec des start-up dans une logique d'open innovation: nous pouvons maintenant renforcer cette relation par une prise de participation. L'ambition est d'approfondir le lien que la Macif noue avec les start-up. Nous prenons des participations minoritaires, et négocions un poste à la gouvernance de l'entreprise. Nous identifions donc des projets de développement communs, pour enrichir réciproquement nos services et nos propositions de valeur.

- Combien investissez-vous avez ce fonds ?

15 millions d'euros avaient été annoncés au lancement et depuis, cette somme a été doublée. Nous avons d'ores et déjà réalisé 8 investissements, dans des start-up comme CBien, Tellmeplus, Carizy, Drust, GoMore... L'élément clé dans le choix des start-up que nous accompagnons est le partage d'une philosophie commune ; il faut qu'il y ait une convergence avec nos valeurs mutualistes et nos projets. Tous ces investissements se traduisent par des POC et/ou des partenariats : il y a donc 8 projets en cours avec les métiers, voire davantage. Bien évidemment, nous menons également des projets avec des start-up dans lesquels nous ne prenons pas de participation.

- Un exemple de partenariat fructueux ?

CBien, qui permet de recenser tous ses biens, d'évaluer leur valeur et de stocker les factures, a été intégré à notre nouvelle offre d'assurance habitation, fin 2016. Depuis, nous avons proposé à notre assisteur Inter Mutuelle Habitation d'intégrer cette solution directement dans ses outils de chiffrage. Dans nos partenariats, nous cherchons à aller au-delà d'une relation "client-fournisseur" : nous investissons dans un service, puis au cours de notre travail commun, nous nous rendons compte que d'autres collaborations, avec eux, seraient profitables à développer.

- Comment impliquez-vous vos clients dans ces logiques d'innovation ?

Nous nous appuyons sur l'Atelier Macif, un panel de 650 sociétaires que nous intégrons dans la conception de nos offres innovantes : nous leur présentons des idées et récoltons leurs avis. Nous avons aussi lancé une expérimentation fin 2017 avec la start-up Monitorlinq, qui constitue autant de l'open innovation que de l'innovation participative : 40 foyers ont été équipés de notre solution intégrée d'IoT pour le maintien des personnes âgées à domicile. Pendant 6 mois, les aidants et les aidés remontent leurs commentaires. Nous testons beaucoup de paramètres avec eux : l'offre finale sera développée sur la base de leurs retours.

- Et vos collaborateurs, comment les mobilisez-vous ?

La communauté "Innovation" au sein des métiers et fonctions supports représente 15 personnes : c'est la porte d'entrée pour les projets innovants (internes ou avec des partenaires) ainsi qu'un moyen de coordination et d'efforts d'innovation au sein du Groupe. Nous faisons des appels d'offre interne, pour que des collaborateurs de différentes directions puissent participer à des projets innovants. Nous avons aussi un lab et un programme innovation qui nous permettent d'accompagner et d'accélérer les expérimentations et les projets.

Pour faire émerger les projets de nos collaborateurs, nous avons organisé un Hackathon au printemps 2017 : 85 de nos employés y ont participé pendant tout un week-end, sur la base du volontariat, autour du développement de nouveaux services pour les jeunes. L'objectif était de mobiliser l'interne, tout en développant l'acculturation. La direction générale s'était engagée à réaliser le projet gagnant avec l'équipe qui l'avait présenté. L'équipe était composée de gens qui ne se connaissaient pas avant, et provenaient de services différents. La direction et les managers ont joué le jeu, ils ont libéré du temps pour permettre aux salariés de participer à des journées dédiées à la concrétisation de leur projet. Nous allons répéter l'expérience en 2018.

Propos recueillis par Benoit Zante

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