S. Loubry, Axa Strategic Ventures: « L’investissement dans les start-up est un levier de transformation »

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Qui ? 
Sébastien Loubry, Directeur du Business Development et de la communication d'Axa Strategic Ventures.

Quoi ? 
Un entretien sur les missions et premières réalisations du Fonds AXA Strategic Ventures, créé en février 2015.

Comment ? 

- Quelle est la mission d'AXA Strategic Ventures ? 

Doté de 200 millions d'euros sur 5 ans, AXA Strategic Ventures est le fonds d’investissement d'AXA, dirigé par François Robinet. Dédié aux start-up qui innovent dans le domaine des FinTech et de l’InsurTech, il apporte des financements via des prises de participation minoritaires, soit très tôt dans leur cycle de vie ("early stage"/"seed"), soit plus tard afin de financer leur croissance et internationalisation ("growth stage"). Le fonds facilite aussi l’accès des start-up au monde d'AXA quand c'est pertinent. Avec ses 103 millions de clients et une présence dans 59 pays, cette ouverture est un accélérateur de croissance pour les start-up. Et c'est aussi un levier de transformation pour le groupe.

- Quels sont les montants de vos investissements ?

Sur la stratégie "seed", les montants d’investissement se situent entre 300 000 et 2 millions d’euros. Au-delà, on entre dans la catégorie des investissements "Venture". Une quinzaine d'investissements ont été réalisés en Europe et aux Etats-Unis et le fonds est maintenant en mesure d'opérer sur la majeure partie du globe.

- Quel est le rôle du fonds dans la transformation digitale d’AXA ?

Il permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure et d’accompagner les managers et les dirigeants du groupe sur les sujets d'innovation et de disruption. L'une de mes fonctions est de développer la prise de conscience et d'insuffler une culture de l'innovation en partageant les réussites des start-up dans lesquels le fonds investit. Nous organisons des rencontres fréquentes entre les sociétés de notre portefeuille et les dirigeants d’AXA. C’est enrichissant des deux côtés. Les interactions entre AXA Strategic Ventures et les équipes internes d’AXA sont constantes. Par exemple, la veille sur les sociétés innovantes est partagée avec toutes les lignes de métier et les différentes entités du groupe.

- Comment accompagnez-vous les start-up dans lesquelles vous investissez ?

Une fois l'investissement réalisé, mon rôle sur la partie Business Development est double : identifier au sein de la start-up des axes de coopération et de développement avec AXA puis faciliter les connexions entre la start-up et nos experts chez AXA afin de l’aider à accélérer. Ainsi, Particeep a lancé la première assurance de crowdfunding en partenariat avec AXA. Elle vise à protéger les investisseurs actifs sur les plateformes de financement participatif. C'est un exemple de développement initié après notre investissement dans la société.

- Quels sont les pré-requis pour que la collaboration avec les start-up se passe bien ? 

Pour bien collaborer, la réactivité et la vitesse sont fondamentales. Le fonds a une agilité dans son fonctionnement qui nous permet de dépasser les contraintes des grandes structures et prendre des décisions rapidement. L’enjeu premier consiste à bien comprendre sur quels sujets la coopération peut être créatrice de valeur et éviter le phénomène de dispersion. AXA peut devenir client de la start-up ou un distributeur et d'autres solutions peuvent aussi être envisagées. Je passe ainsi beaucoup de temps à échanger avec l'équipe de la start-up sur le modèle, l’origine de l’idée et la stratégie pour être un bon facilitateur. Il faut aussi une vue d’ensemble des expertises au sein du groupe. Pour cela, je m'appuie sur un réseau de référents AXA Strategic Ventures au sein de nos différents départements, qui peuvent s'impliquer dans le projet. La capacité à connecter et à faciliter l'accès à AXA est l’un des facteurs de succès du fonds.

- Quelles sont les start-up qui retiennent votre attention ? 

Nous suivons de très près la FinTech et l’Insurtech. De manière générale, nous sommes sensibles à trois critères principaux : la solidité de la technologie, sa scalabilité (sa capacité à être exploitable et diffusable sur d'autres marchés) et la pertinence de l'équipe. Nos investissement nous permettent aussi de mieux comprendre voire d’anticiper les besoins de nos clients. Parmi les plus récents, Evercontact (voir notre article sur la start-up) met à jour les carnets d'adresse à partir de l'analyse des signatures des nouveaux emails reçus et Widmee qualifie les leads sur les applications mobiles. Nous avons aussi investi dans la technologie de FlyR qui garantit et prédit le prix des billets d’avion.

- Quelles sont les tendances qui se dessinent dans le domaine d'AXA ? 

L'explosion des objets connectés liée au mobile, l'évolution des modes de consommation (économie du partage, économie du "on-demand",...), mais aussi les opportunités offertes par le "Big Data" en termes d'analyse du risque et d'anticipation des comportements et des événements, ouvrent d’immenses opportunités en matière de prévention et de gestion des risques. De l'analyse des données, l'intelligence artificielle aux nouveaux usages dans la santé comme l'émergence des plateformes communautaires d'échange, nous surveillons tous ces sujets, qui évoluent vite. Le sujet du moment, c'est le blockchain (auxquels The Economist consacre sa une cette semaine, NDLR) , l’un des membres de l’équipe investisseurs, Florian Graillot a publié récemment un article sur le sujet dans TechCrunch.

Propos recueillis par Monelle Barthélemy 

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