Reveal : l’arme de l’Oréal pour draguer l’ingénieur Sibérien

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Qui ?
François de Wazières, directeur international du recrutement et Marie-Dominique Jacquet, Directrice marque employeur chez l’Oréal.

Quoi ?
Un premier bilan de Reveal by L’Oréal, serious game de recrutement dont la seconde version a été lancée en septembre 2011.

Combien ?
70 000 inscrits à la V1 du jeu (janvier 2010 – septembre 2011)
4 500 candidats l’ont achevé
185 recrutements (stage ou CDI)

Comment ?
Reveal a été lancé en janvier 2010, au niveau mondial. Il s’inscrit dans la lignée des business games offline organisés par la marque depuis 20 ans, tels que e-strat ou Brandstorm. Si l’Oréal a de faibles volumes de recrutements annuels (de 600 à 800 jeunes diplômés par an et 3300 stagiaires dans le monde), le groupe a de fortes ambitions en termes de visibilité. Pour François de Wazières, ce jeu en ligne a d’abord une vocation « généreuse » : aider les jeunes à se projeter dans le monde du travail, à travers l’exemple de l’Oréal et de sa palette de métiers. Dans la V1, les joueurs évoluaient à travers les différents domaines d’expertise de la marque, de la R&D à la Finance, en résolvant des épreuves évaluant ses connaissances et ses capacités managériales. Dans la V2, il suit le développement d’un produit, de sa conception à sa vente.

Les modules d’évaluation permettent de savoir de façon objective si le candidat correspond à la culture l’Oréal, avant d’entrer dans un process classique de recrutement. « Le meilleur score étant de 10 000, quelqu’un qui aurait un score de 5000 ne se fera pas remarquer dans le jeu. Mais cela ne l’empêche pas de passer par d’autres biais de candidature, le score n’est pas discriminant » explique Marie-Dominique Jacquet. « Reveal est un outil de sourcing plus que d’assessment, il nous permet d’entrer en contact avec de nouveaux types de candidats. C’est un nouveau filet pour attirer des jeunes qui ne seraient pas venus chez nous », complète François de Wazières. Si le nombre de recrutés via le jeu reste faible étant donné le coût de l’opération, le résultat est considéré comme positif pour l’Oréal, en termes de recrutements et d’image. « Les candidatures reçues sont plus qualifiées et justifiées et les candidats embauchés, d’une extrême qualité ». Par ce biais, l’Oréal s’adresse à la génération Y, mobile et connectée. « Il y a plus de 3,5 millions d’étudiants qui étudient en dehors de leur pays d’origine. Beaucoup de Chinois ou d’Indiens étudient aux US ou en Grande Bretagne, ils sont difficiles à toucher sur place mais le jeu permet de les atteindre. » L’Oréal a ainsi pu recruter des ingénieurs sibériens alors que le groupe n’est pas présent là-bas.

La seconde version lancée à la rentrée 2011 tire les leçons de la V1 : augmenter l’engagement et le taux de complétion du jeu. Plus court (4h au lieu de plusieurs jours), plus rythmé et plus pédagogique, il donne une vision transversale de l’entreprise plutôt qu’en silo. A la fin de chacune des 12 étapes (contre 5 auparavant), un challenge fait appel à l’agilité intellectuelle. Les modules de 20 questions, trop contraignants, ont été abandonnés. En interne, les 200 recruteurs sont désormais mieux formés pour l’utiliser. La viralisation va aussi être revue : la V1 avait été lancée avec une série de vidéos « provoc », non brandés l’Oréal, destinées à créer du buzz. Mais l’impact avait été limité, faute d’achat média. Au total, cette V2 a nécessité un an et demi de travail et mobilisé 150 personnes. « Ce n’était pas un one shot ni un coup de buzz, mais un vrai investissement sur le long terme qui a été maintenu pendant la crise. Le serious game n’est pas une mode chez l’Oréal » conclue François de Wazières.

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