Pourquoi Sud Ouest a mis des start-up à la place de sa direction générale

Bordeaux 13 Mai 2011 SUD OUEST Portrait Guillaume VASSE Directeur du Développement numérique et Marketing - David Thierry ( SUD OUEST )

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Qui ?
Guillaume Vasse, Directeur du développement numérique et du marketing du Groupe Sud Ouest.

Quoi ?
Les premiers retours sur l'incubateur et l’accélérateur de start-up ouverts au sein du groupe de presse bordelais, destiné à faire bouger la culture de l'entreprise.

Comment ?

Tout un symbole : en début d'année, les patrons de Sud-Ouest (Sud Ouest, Charente Libre, L'Eclair, Direct Bordeaux 7) ont quitté le dernier étage de leur siège bordelais, avec la plus belle vue sur la Garonne, pour y laisser la place aux start-up venues rejoindre les programmes d'incubation et d'accélération mis en place depuis avril 2016. "C’est la direction elle-même qui l’a proposé. De 2012 à 2015, nous avons initié la transformation de nos métiers, mais il fallait aller un cran plus loin, en impactant la culture d'entreprise" explique Guillaume Vasse.

sudouest

10 start-up "early stage" ont pris possession des lieux, ainsi que deux start-up plus avancées, en phase d'accélération. Les premières ont vocation à rester 5 mois, avant de céder la place à une nouvelle promotion, les secondes de 6 à 12 mois, en fonction de leur développement. "Nous avons voulu commencer doucement, pour monter en puissance progressivement. Notre métier n'est pas d'accompagner des start-up : nous avons accueilli dans nos murs 1Kubator, qui gère son programme d'incubation. En échange, ils nous aident à opérer notre structure d'accélération, Théophraste."

Les start-up des deux programmes bénéficient de sessions de mentorat et d'ateliers thématiques assurés par les employés du groupe. "Nous avons été agréablement surpris de voir les salariés intervenir sur plein de sujets. Au contact des start-up, ils se frottent à d'autres façons de penser et d'imaginer des produits. C'est une logique gagnant-gagnant où le "sachant" n'est pas seulement l'entrepreneur qui veut tout casser." Car l'objectif premier du dispositif est bien l'"acculturation" des équipes du groupe de PQR, davantage qu'une prise de participation dans de futurs relais de croissance.

"Nous pouvons être amenés à prendre des parts, mais ce n'est pas une condition sine qua non. Pour des start-up grand public, nous allons mettre en place une structure de média for equity. Mais ils s'agit avant tout  de favoriser l'esprit d'innovation au sein du groupe." Quant aux start-up BotB, le groupe Sud Ouest entend leur servir de "bac à sable" en expérimentant leurs produits et en signant les premiers contrats.

C'est là que la distinction entre accélération et incubation prend tout son sens : "les start-up en phase d’incubation sont très ‘early stage’ : ce n’est pas avec elles que vous pouvez signer dès deals dès le départ. Celles en accélération servent à créer des synergies avec nos métiers." Exemples avec Hubstairs, positionné sur un sujet cher à Sud Ouest – l’immobilier – ou avec Poool, qui aide les éditeurs à monétiser leurs contenus.

Six mois après le lancement du programme, les effets bénéfiques du dispositif se font déjà sentir. "Tous nos efforts commencent à se voir, l'initiative a eu un impact sur notre image corporate et dans l'écosystème local." Le tout pour un coût minime : "Cela nous a coûté peut-être 15 000 euros, car on utilise des mètres carrés et du mobilier que l'on avait déjà. On a juste abattu des cloisons et mis en place un outil dédié."

Benoit Zante

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