Pourquoi Seb veut utiliser l’impression 3D pour améliorer la satisfaction client

Qui ?
Alain Pautrot, VP Customer Satisfaction de SEB et Cédric Michel, co-fondateur de Pollen AM.

Quoi ?
Une rencontre étonnante, à Vivatechnology, entre un pionnier français de l'impression 3D et un groupe industriel de 150 ans.

Comment ?

En 2015, le groupe SEB s'est engagé à conserver l'intégralité des pièces détachées des appareils des marques Seb et Rowenta, pendant 10 ans après l'arrêt de la vente des produits, afin de favoriser la réparation des appareils plutôt que leur remplacement et donc d'en donner plus à ses clients. Les clients pourront recevoir les pièces, même une fois la période de garantie achevée. "C'est un moyen de combattre obsolescence programmée" explique Alain Pautrot. Problème : les pièces à stocker sont extrêmement nombreuses. "Nous avons des statistiques, mais on se trompe toujours. Soit on en stocke pas assez, soit on en stocke trop..." Et ce stockage a un coût.

L'impression 3D sera-t-elle la solution ? Le groupe regarde de près les technologies sur le marché, et teste actuellement l'impression 3D sur une quarantaine de références de pièces détachées. En 2017, 20 000 pièces, au minimum, devraient être produites par ce biais. Les choses pourraient s'accélérer, car Seb n'est plus le seul à s'intéresser au sujet : le distributeur Boulanger a aussi fait des annonces dans le même sens, avec la mise à disposition d'une librairie de modèle 3D de pièces détachées à imprimer, notamment pour ses propres appareils. "Il est probable qu'à l'avenir, on ne conserve que 5 ans de pièces détachées et que les suivantes soient produites ensuite en 3D." Reste à trouver la bonne équation économique : Alain Pautrot explique que la 3D est encore longue est coûteuse.

Et c'est là tout l'intérêt d'un salon qui fait se rencontrer start-up et grands groupe : Pollen a pu ainsi le détromper, lors d'une rencontre sur scène. Cédric Michel, de Pollen AM, a développé une machine performante à moindre coût, à la fois d'achat et d'usage. "Elle est commercialisée à partir de 8 000€ et fonctionne avec des matériaux standards, utilisés massivement par l'industrie et distribués sous forme de granulés, ils sont donc moins chers." Il estime que les coûts de production sont divisés par 10 avec sa machine. Quant au temps d'impression, il est aussi raccourci, car le procédé utilisé par Pollen permet de s'affranchir de la phase de post-traitement : les pièces imprimées sont prêtes à l'emploi dès la fin de l'impression.

Plus de 200 machines ont déjà été pré-vendues. Outre les industriels, elles intéressent aussi de près les designers et le monde de la mode, car le procédé permet notamment d'imaginer des objets multi-matériaux, souples et flexibles. Ce n'est pas par hasard si LVMH présentait l'appareil sur son stand à VivaTechnology... mais aussi la SNCF. Pour l'heure, Pollen AM n'a levé "que" 1,4 millions d'euros, auprès de la BPI et de "business angels" et s'apprête à lever en Série A. "Les fonds américains que l'on rencontre n'arrivent pas à croire qu'on a développé tout ça avec seulement 1,4 millions..." explique Cédric Michel. En mars 2017, le business plan prévoit la production de 200 machines par mois. Seb sera-t-il parmi les premiers clients de la start-up ?

Benoit Zante

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