Pierre Coppey, Vinci : « Le numérique est en train de révolutionner de fond en comble toutes nos activités »

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Qui ?
Pierre Coppey, Directeur général adjoint de Vinci et président de Vinci Autoroutes.

Quoi ?
Une interview, à l'occasion du lancement de Leonard, une structure transverse dédiée à l'innovation et à la prospective au sein du groupe Vinci.

Comment ?

- Les métiers du groupe Vinci (concessions, énergie, construction...) ne sont pas les premiers qui viennent à l'esprit quand on pense à la transformation numérique... Pourquoi vous intéressez-vous à ce sujet ?

Au contraire : le changement est déjà bien engagé. Sur un certain nombre de nos sujets, l'offre digitale a déjà démodé des offres sur lesquelles le groupe avait des positions traditionnellement dominantes, comme l'info trafic, aujourd'hui totalement absorbé par des acteurs comme TomTom ou Waze. Effectivement, si on aborde ce sujet en tant que concessionnaire et constructeur d'infrastructures, on se dit que le béton ne s'envole pas et que nos actifs ne risquent rien... Mais il ne faut pas se fier aux apparences : que ce soit sur les sujets de la transition énergétique, de la smart city ou des transports, le numérique est en train de révolutionner de fond en comble tous les volets BtoC, mais aussi BtoB, de nos activités.

- Vous lancez le programme Leonard, pour transformer vos métiers : en quoi consiste-t-il ?

Il s'agit d'une structure qui est à la fois une cellule de veille, de travail prospectif et d'entrepreneuriat, avec la particularité d'être transversale, en touchant les sujets de l'énergie, du BTP, des concessions, des infrastructures... Toutes les entités du groupe ont intérêt à travailler ensemble sur des questions comme la révolution des transports ou la transition énergétique, pour déployer une démarche collective, en associant des regards différents.

- Quels sont ses grands thèmes  ?

Nous en avons choisi quatre : le véhicule autonome - qui concerne toutes les composantes du groupe, d'Eurovia [constructeur d'infrastructures routières] à Vinci Energies, en passant évidemment par Vinci Autoroutes ; l'impact des événements climatiques sur nos métiers ; les RH à l'horizon 2030 ; et l'impact de la digitalisation de la construction, des plans jusqu'à la maintenance des ouvrages. Dans notre mécanique de veille, nous avons le souci de ne pas générer des informations supplémentaires, mais de capter les centres d'intérêt de nos collaborateurs, pour les amener sur des sujets de long terme, auxquels ils ne sont pas confrontés au quotidien. Ensuite, nous lancerons des appels à projets autour de certaines verticales.

- Avec "MyStartup", vous voulez aussi encourager le développement de projets en interne, en mode start-up...

Vinci a la particularité d'être un groupe d'entrepreneurs, nous opérons dans des métiers de projets. Nous avons déjà lancé un appel en interne pour des sujets d'intrapreneuriat, avec une mécanique de 4 mois d'idéation et 4 mois de réalisation, une période pendant laquelle nous allons coacher, mentorer et stimuler les projets. En trois semaines, nous avons déjà reçu 62 candidatures, du monde entier. Ouvrir la possibilité de l'intrapreneuriat, c'est une façon de montrer qu'il est possible de lever le nez du quotidien.

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- Vous allez aussi ouvrir un lieu : pour quoi faire ?

A l'heure du digital, ouvrir un lieu est une forme de contresens, mais nous l'assumons. Nos filiales en sont très demandeuses, car il n'y a pas de lieu dédié à la Smart City en France. Il ouvrira donc en octobre à Paris. Leonard n'en a pas besoin pour exister, mais nous croyons beaucoup dans l'importance d'espaces de rencontres. Il sera emblématique des ambitions du programme et de notre désir d'ouverture, en accueillant des entrapreneurs, des conférences, et même un baby-foot.

- Quel est le budget que vous allez consacrer à toutes ces initiatives ?

Dans la phase de démarrage, nous partons avec un budget de 5 millions d'euros, que nous doublerons à l'horizon 2018. Nous sommes tout à fait ouverts à l'élargir ensuite, notamment si nous devons réaliser des investissements ou accompagner des entreprises comme le ferait un fonds. Dans ce cas, nous ferons les investissements nécessaires. Mais je n'ai pas voulu mettre en place un fonds d'investissement dès le début du projet : avec le cadre contraignant de l'AMF, il aurait cannibalisé toute notre énergie. Chaque année, à travers ses différentes filiales, le groupe Vinci achète déjà des dizaines d'entreprises, mais si demain il faut investir dans un projet issu de Leonard, nous le ferons dans le cadre du groupe.

Propos recueillis par Benoit Zante

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