Les start-up toulousaines qui grandissent dans le giron de Sigfox

simon vacher

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Qui ?
Simon Vacher (en photo), manager du Connected Camp, Cécile Morel, Pdg et fondatrice de Mobi-Rider, Cyril Loucif-Durouge, Pdg et fondateur de Thingz, Josselyn Hermitte, cofondateur de CityMeo et Nicolas Ricard, Pdg et cofondateur de Unooc.

Quoi ?
Une visite de l'IoT Valley, à Toulouse, constituée autour de Sigfox.

Comment ?

Créée en 2011 sous le nom de "TIC Valley", l'IoT Valley est devenue sous l'impulsion de Ludovic Le Moan, le CEO de Sigfox, un campus spécialisé dans l'Internet des objets. Une quarantaine de start-up se répartissent les 5000m2 du bâtiment et mutualisent personnel, machines et bons contacts. Aujourd'hui les bureaux sont pleins et les locataires lorgnent sur les 12 hectares de la friche adjacente pour construire un IoT Village capable de soutenir la croissance et d'attirer grands groupes, talents et écoles à Labège, dans la banlieue de Toulouse. La SNCF y a installé fin 2015 son accélérateur de projets internes et le groupe Samsung aimerait avoir des locaux sur le campus. Le modèle ? Euratechnologies Lille (voir notre article à ce sujet).

IOT-Valley

Rebaptisé Connected Camp en 2015, l'accélérateur du lieu reste à l'heure actuelle la meilleure porte d'entrée. Sa première promotion a été présentée le 4 février 2016. "Elle reflète la diversité des secteurs que touche l'IoT", explique Simon Vacher qui note cependant des thèmes phares comme l'aéronautique, lié à l'implantation d'Airbus dans la région, la santé et l'agriculture. "Dans l'industrie, les réductions de coûts liées à l'IoT sont énormes et tout bouge très vite. On ne le voit pas forcément car les innovations sont peu médiatisées, car sous accord de confidentialité".

Les 8 jeunes pousses du Connected Camp 

Dans cette première promotion, Skylights teste des lunettes immersives à bord des avions de XL Airways et Donecle automatise l'inspection d'avion avec des drones. Le paquet de cigarettes connecté de Lowiee aide les fumeurs à réduire leur consommation tandis que le casque de moto de Eyelights fait appel à la réalité augmentée pour afficher le GPS directement sur la route. Flipr (capteur pour les piscines), Pack Editions (push d'information par beacons), Parkisseo (places de parking connectées) et Ubeeko (solution big data à destination de l'industrie) complètent la galerie.

Les start-up accélérées au Connected Camp bénéficient à la fois de mentors et de partenariats avec les grands groupes associés à l'IOT Valley. AG2R La Mondiale, EBV Elektronik, Intel, la SNCF, Microsoft et OVH.Com sont partenaires de l'accélérateur. Ils le financent à hauteur de 500 000 euros et contribuent à l'industrialisation des produits. "Le Connected Camp se positionne comme un apporteur d'affaires auprès des start-up, nous prenons entre 1 et 3% sur leur chiffre d'affaires sur 3 à 5 ans. Nous ne prenons pas part au capital de l'entreprise."

1/ Mobi-Rider fabrique un "app store physique"

Sorti de l'accélérateur de l'IoT Valley en 2013, Mobi-Rider s'est installé à La Passerelle, l'open-space qui fait le lien le nid du Connected Camp et les start-up plus matures de l'écosystème. Dans ses deux labs, la start-up fabrique "Mobi-One", une boite magique qui parle à tous les types de téléphones en magasin.

Déployé dans les agences du Crédit Mutuel de Bretagne, Nathalie Lavirotte, Directrice Marketing de Crédit Mutuel Arkéa voit Mobi One comme un "app store physique". Il permet aujourd'hui au conseiller bancaire d'aider ses clients à télécharger l'application Crédit Mutuel : il suffit de glisser son téléphone dans la boite pour recevoir un sms pointant vers l'app store sur la page de la bonne appli. "Au cours d'un test mené en juin 2016 dans l'agence de Lannion, 80% des clients ayant essayé le Mobi One ont téléchargé l'application" révèle Cécile Morel la CEO de Mobi-Rider. La start-up collabore étroitement avec la banque pour imaginer et développer de nouveaux usages "store-to-mobile".

mobirider

2/ Thingz apprend le code aux enfants 

Thingz est un kit pour fabriquer des objets connectés comme on assemble des briques LEGO. Boutons, LED, capteurs d'humidité et afficheurs de chiffre se branchent sur la base connectée pour bricoler un petit réveil, une station météo ou encore un chronomètre pour le lavage de dents.

thingz_noel_web

A vocation pédagogique, Thingz est utilisable par des enfants de 8 ans. Le site du Noël de la French Tech a permis de tester la traction du produit, dont la production est encore auto-financée par son fondateur Cyril Loucif-Durouge. "Pour l'instant, nous vendons uniquement en ligne, mais j'aimerais tester aussi la distribution dans des boutiques physiques. On commence aussi à organiser des ateliers d'apprentissage du code dans les bibliothèques et les écoles." Il envisage d'ailleurs de collaborer avec une autre start-up de l'IoT Valley qui développe l'application sur tablette Kesacode. "Nous travaillons ensemble une compatibilité entre la tablette et les kits Thingz pour simplifier l'interface de programmation." Le jeune fondateur se retrouve souvent à donner des cours de programmation au téléphone et par mail. "Cela fait partie du service après-vente."

3 / CityMeo contextualise l'affichage de contenus 

Créée fin 2012 par quatre ingénieurs de l'ENSET, Citymeo connecte les écrans d'affichage via un  boitier connecté pour en dynamiser les contenus. Accélérée par Microsoft Ventures, la start-up toulousaine a déjà levé 125 000 euros en 2015 et vise l'international en 2016. Citymeo affiche en temps réel  des flux issus des réseaux sociaux, de la météo, des agendas ou des transports collectifs.

L'équipe travaille surtout sur la contextualisation de l'affichage grâce à des capteurs de températures, de mouvements ou de sons, ou via des boutons ou une caméra. "Le bouton connecté fonctionne bien, nous avons lancé un pilote avec Axa, il permet à la personne de lancer du contenu à la demande", explique Josselyn Hermitte. Citymeo a aussi noué un partenariat avec EIKEO pour intégrer leur technologie de reconnaissance de visages pour développer l'affichage de contenus ciblés et interactifs et mesurer l'audience.  Les réseaux de points de vente comme Boulanger, Axa ou Décathlon ont déjà adopté les boitiers, Sigfox et AG2R utilisent aussi les écrans pour diffuser leur communication interne.

4 / Unooc organise le clic and collect en pharmacie

Créé en 2012, à la suite de l'autorisation de vente de médicaments en ligne en France, Unooc guide les français dans leurs achats : médicaments vendus sans ordonnance, produits vétérinaires et  parapharmacie sur Internet. En Allemagne, la vente en ligne représente déjà 10% des achats. "Le marché français pourrait atteindre ce palier d'ici 2-3 ans", prévoit Nicolas Ricard, le CEO de Unooc. "La vente en ligne est encore compliquée car la loi interdit  la publicité en ligne, alors que la compétition étrangère et surtout la contrefaçon utilisent Adwords".

Avec déjà un million de visiteurs par an, son fondateur rêve maintenant de développer le clic and collect pour les pharmacies de quartier qui ne sont pas encore en ligne. Le site peut indiquer les stocks, les prix et les spécialisations comme le coaching pour les fumeurs par exemple. S'installer à l'IoT Valley ouvre aussi des perspectives dans la santé connectée. "Aujourd'hui, les bracelets et les piluliers sont connectés. C'est intéressant pour les gens mais aussi pour les pharmaciens, qui pourraient par exemple être reliés aux glucomètres de leurs clients."

Monelle Barthélemy

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