Les engagements de BPCE pour faciliter la vie des entrepreneurs

Qui ?
Yves Tyrode, Chief Digital Officer et Pascal d'Orlandi, directeur général des achats du groupe BPCE.

Quoi ?
Les engagements du 2e groupe bancaire français envers les start-up, afin d'en faire des clients et des fournisseurs, mais aussi des partenaires dans la transformation du groupe bancaire. Ou comment la direction achat devient à son tour un acteur majeur de la transformation digitale.

Comment ?

Yves Tyrode affiche clairement sa vision : "si nous voulons travailler avec les start-up, il faut leur proposer des choses simples. Et des choses simples, c'est du business". Pour le groupe qui chapeaute Banque Populaire et Caisse d'Epargne mais aussi Casden, Crédit Coopératif, Natixis ou Banque Palatine, les start-up sont donc des clients potentiels de ses services bancaires, mais surtout des fournisseurs et des partenaires, capables d'accélérer la mutation numérique de l'entreprise et de ses 108 000 employés.

En tant que banque, BPCE espère bien "attirer un maximum de start-up pour les servir" : les réseaux Caisse d'Epargne et Banque Populaire ont ainsi mis en place des dispositifs spécifiques, respectivement "NéoBusiness" et "Next Innov". Au total, 200 conseillers à travers la France ont été formés à accueillir les start-up, des clients nécessitent une approche et une gestion du risque "spécifique". 1 400 jeunes entreprises ont bénéficié de cet accompagnement, pour un financement total de 300 millions d'euros. Au siège, l'équipe en charge du digital est aussi mobilisée sur ces sujets.

En tant qu'entreprise, BPCE entend aussi faire bouger ses process pour intégrer davantage les start-up parmi ses fournisseurs. Les achats du groupe représentent 3,7 milliards d'euros par an : "en ouvrant ces marchés à des start-up, cela va nous donner pas mal d'idées. D'ici 2020, nous voulons avoir challengé l'ensemble de nos achats une fois, voire plusieurs fois, avec des solutions innovantes" explique Yves Tyrode, qui ajoute que l'ensemble des sujets seront passés au crible pour intégrer des start-up dans les appels d'offre.

startuppass

500 start-up sont déjà référencées parmi les fournisseurs du groupe. Pour accélérer, un "Start-Up Pass" vient d'être mis en place. Il repose sur trois promesses : accélérer le démarrage de la phase opérationnelle, respecter la propriété intellectuelle et faciliter la coopération au quotidien. En parallèle, un système de notation du groupe et de ses process par les start-up va être institué, "pour que l'on puisse progresser".

Pour simplifier la relation, la direction achat se trouve en première ligne. Les promesses  ? des contrats allégés durant les phases d'expérimentation, des formalités simplifiée, la possibilité de signer électroniquement des documents, ainsi qu'un processus de paiement accéléré. En somme, "plus de code informatique et moins de code civil" résume Yves Tyrode.

"Il n'y a pas de raison de se faire de la trésorerie sur le dos des start-up" complète Pascal d'Orlandi, qui s'engage désormais à payer ses fournisseurs start-up dans un délai maximum de 20 jours après réception de leurs factures. Un progrès appréciable, sachant qu'en France, moins d'une grande entreprise sur deux paye ses fournisseurs dans le délais légal (60 jours), selon le dernier rapport de l'Observatoire des délais de paiement. A quand une généralisation de ces délais à tous les fournisseurs ? Rêvons un peu.  La mutation de la banque sera achevée lorsque ces standards destinés aux start-up seront appliqués à ses 31,2 millions de clients et à tous ses fournisseurs.

Benoit Zante

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