La vérité sur les nouveaux influenceurs : Instagram, Vine et Youtube ont-ils tué les blogs ?

Emmanuel Berne

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Qui ?
Emmanuel Berne, directeur de Heaven Studies.

Quoi ?
Une étude menée par l'agence Heaven sur les nouveaux influenceurs, présentée en exclusivité lors du Petit Club du 10 décembre à l'UDA.

Comment ?

Les blogueurs sont-ils passés de mode, au profit des stars de Vine (comme Jérome Jarre ou Zach King), d'Instagram, de Youtube et demain - qui sait ? - de Snapchat ? C'est la question que s'est posée l'agence Heaven, qui, en 15 ans d'existence est devenue un observateur clé de l'influence sur le web. L'agence distingue désormais le Community Management (50% de son activité, contre 80% en 2012), où l'on travaille avec les influenceurs pour les transformer en fans, et le Social Management (50%), où l'on travaille avec les fans pour les transformer en influenceurs.

"Nous avons voulu savoir ce que les influenceurs conseilleraient aux marques" explique Emmanuel Berne, qui a conçu le questionnaire auquel ont répondu 140 personnes, sans incentive. 40% des répondants expliquent qu'ils se sont lancés il y a moins de trois ans. L'étude révèle qu'en moyenne, les influenceurs publient sur 5,2 supports différents, avec Facebook et Twitter en premier lieu. Mais leur blog, le troisième support cité, reste au centre de leurs pratiques, il fait leur réputation. Surprise : ces blogueurs adaptent rarement leurs contenu aux supports sur lesquels ils postent (seuls 14% d'entre eux le font) et la viralité des posts ne fait pas tout : 21% des blogueurs investissent en publicité sur Facebook ou Twitter pour mieux mettre en avant leurs contenus. 7% des influenceurs avec qui l'agence collabore tirent leur revenu principal de leur blog, quand 5% n'en tirent aucun revenu. Pour monétiser leur site, 68% recourent aux contenus sponsorisés, 65% à des liens sponsorisés et 16% à de la création de contenus en dehors de leurs blogs.

influenceurs instagram blogueurs heaven

Conclusion : "nous ne sommes pas entrés dans une ère post-blogueurs. De nouveaux visages se sont seulement ajoutés aux anciens." Ainsi des "instagramers", auxquels l'agence a dédié un département à part entière, #NoFilter : qu'ils se nomment Adrien Brunel (Neriad, 297 000 abonnés) ou NatalieeParis (60 000 abonnés) c'est Instagram qui les a fait rois. Et réciproquement "Instagram utilise les influenceurs comme fer de lance de sa diffusion". C'est la plateforme qui, en mettant en avant leur travail, leur a fait gagner des milliers de followers.

Sur cette nouvelle plateforme, l'influence se construit aussi avec le trash : DanBilzerian, acteur de son état, s'est fait connaitre sur Instagram par ses photos osées... Il a aujourd'hui 6 millions de followers. Comme sur Facebook, il est possible d'acheter des followers et des like, une stratégie risquée : le réseau vient d'ailleurs d'effectuer une grande purge...

Que ce soit en ciblant Instagram, Youtube, Twitter ou les blogs, certaines grandes marques commencent à basculer leurs investissements de la télé vers l'influence. Car comme l'explique un dirigeant du parc Asterix présent dans le public, "quand on a 2 millions d'euros, la télé c'est fini". Surtout, le recours aux influenceurs fait ses preuves. Ainsi, Fleury Michon a convié des blogueurs en Alaska, pour vérifier la provenance de son poisson. Et augmenté dans la foulée ses ventes de 9%.

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