J.O. 2012 : Vive le sofalyzing !

Stanislas Magniant

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Qui ?
Stanislas Magniant, directeur de Publicis Consultants Net Intelligenz.

Quoi ?
Une tribune sur les premiers JO sociaux.

Comment ?
A 15 jours de la cérémonie d’ouverture, ils s’échauffent, opèrent les derniers ajustements, et rêvent de podium. “Ils” ce sont les sponsors des Jeux Olympiques 2012 qui s’affronteront dans une compétition d’un nouveau genre dite des “socialympics” : les Jeux Olympiques sur les médias sociaux.

En annonçant que ces jeux seraient les premiers « social media games » dans l’histoire pluriséculaire des olympiades, Alex Huot responsable médias sociaux du Comité Olympique International donnait le coup d’envoi d’une nouvelle compétition. Le podium est même déjà en place, avec un classement des sponsors les plus performants sur les médias sociaux (Procter & Gamble est donnée favori, devant Cadbury et British Airways), chacun rivalisant d’ingéniosité marketing pour capter l’enthousiasme des supporters, et ce sur tous les écrans. En effet, un américain sur 5 ne sera en réalité pas devant son poste de télévision pour suivre les JO, selon une étude de l’institut Taylor, préférant plutôt suivre l’évènement depuis son ordinateur ou son mobile. 59% d’entre eux pensent d’ailleurs que Twitter sera le meilleur canal d’information et d’échanges sur les prouesses et les résultats des athlètes. L’institut d’études propose même le néologisme de « sofalyzing » pour décrire cette transformation des « couch potatoes » d’hier en « spect-acteurs », télécommande dans une main et smartphone dans l’autre.

Gare cependant aux internautes trop “sociaux” ou aux marques non-sponsors qui souhaiteraient participer à ces conversations sans avoir payé leur écot. On a beau être dans une nouvelle ère « de partage et de connexions » comme le déclarait le même Alex Huot au Guardian, le CIO entend bien jouer les arbitres : point de photos ou de vidéos personnelles rediffusées sur les réseaux sociaux sans autorisation explicite, exclusivité des droits de diffusion oblige, et interdiction formelle à toute marque de tweeter son soutien à une équipe ou un athlète sans s’être acquitté auparavant d’un soutien financier en bonne et dûe forme. Le Comité veillera sur les médias sociaux, et surveillera les marques qui tenteraient de surfer sur un hashtag ou de s’associer mine de rien aux discussions sur London 2012™. Les athlètes eux-mêmes, qui ne lâchent plus leur compte Twitter, ont reçu des consignes strictes, codifiées dans ce PPT, pour ne pas déraper, s’adonner au commentaire live des épreuves, ou glisser un mot doux non-autorisé à leur sponsor. Les seuls à pouvoir s’exprimer librement seront les spectateurs : selon l’Institut Taylor, 68% du public entend bien participer d’une manière ou d’une autre via les réseaux sociaux. L’essentiel est bien de participer n’est ce pas Pierre de Coubertin ?

Stanislas Magniant

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