Co-working : pourquoi Regus cherche à renouveler son modèle

Qui ?
Christophe Burckart, DG de Regus en France.

Quoi ?
Un point sur la stratégie de développement de Regus, pionnier des espaces de travail partagés, qui lance son nouveau concept "Spaces" à Paris début avril.

Comment ?

A son lancement en 1989, et jusqu'à récemment, Regus était quasiment le seul acteur du marché qu'il avait créé : celui des espaces de travail disponibles à la demande. Mais aujourd'hui, Regus n'est plus tout seul : des espaces de coworking indépendants, à l'essor de nouveaux géants mondiaux comme WeWork, en passant par l'intérêt croissant des acteurs locaux de l'immobilier (en France : Nexity avec Blue Office, Bouygues Immobilier avec NextDoor) ou même de nouveaux entrants, comme le Crédit Agricole avec ses "Villages" (lire aussi notre article), le modèle est concurrencé de toutes parts. La plupart des nouveaux venus ne proposent pas seulement de l'espace, mais des outils digitaux, des événements et l'appartenance à une communauté, au sein de lieux qui n'ont souvent rien des bureaux traditionnels.

Face à ce bouleversement du marché, Regus cherche donc à se renouveller, en déployant à l'échelle mondiale et à vitesse grand V un concept né à Amsterdam il y a dix ans : Spaces. Le 3 avril, deux de ces espaces nouvelle génération ouvriront, à Paris et Boulogne. La plaquette du Spaces Opéra Garnier, situé juste en face de l'Apple Store, vante ainsi ses 4 étages reprenant les codes des start-up, conçus par l'architecte des bureaux de Google. Aux mètres carrés loués s'ajoutent des services (restauration, secrétariat, conciergerie) et des événements pour nourrir l'esprit de communauté. Les membres peuvent aussi accéder à tous les bureaux Spaces et Regus dans le monde (3 000 lieux au total), à partir de 380€/mois.

Ce "WeWork-killer" - Spaces est clairement orienté contre cette "licorne" de l'immobilier valorisée 16 milliards de dollars - est déjà présent dans 15 pays, avec une cinquantaine de centres et 20 000 membres. "A la fin de l'année, nous aurons au moins 100 sites 'Spaces' dans une vingtaine de pays" estime Christophe Burckart. En région parisienne, deux autres lieux seront ouvert d'ici au mois de juin (Réaumur et Bonne Nouvelle) et une implantation dans des capitales régionales est aussi à l'ordre du jour. WeWork, de son côté, affiche 80 000 membres dans plus d'une centaine de lieux, généralement plus grands que les "Spaces".

Comme WeWork, Spaces insiste sur la "communauté" et les outils numériques mis à disposition de ses clients : une application pour la réservation, mais aussi un réseau social - Regus vient d'embaucher des community managers - et une "marketplace" pour mettre en avant les offres de ses membres. Des médias internes - web-TV ou radio - sont aussi à l'étude. "Nous voulons déployer des services qui vont au-delà de la technologie, avec une programmation événementielle, des partages d'expérience, du networking pour que nos clients puissent faire des affaires entre eux" promet Christophe Burckart.

"Spaces, c'est la re-conceptualisation de ce qu'avait fait Regus il y a trente ans. Google ou Amazon sont venus chez Regus au début de leur expansion internationale, par souci de flexibilité. A une époque, Google était présent dans 70 de nos centres. Pour les entrepreneurs, la localisation est dans le top 3 de leurs priorités, que ce soit pour passer un message au marché et attirer les talents." Si les start-up qui se lancent et les indépendants sont les premiers visés par l'offre Spaces, Uber, GoPro, Paypal ou encore Chanel, font aussi parti des clients londoniens de la marque. "Les clients de Spaces diffèrent de ceux de  Regus, les deux marques continuent à évoluer en parallèle" explique Christophe Burckart.

De nouveaux centres continuent donc à ouvrir sous les marques Regus, mais aussi Stop&Work. Ce dernier concept, lancé en octobre 2014 en France en partenariat avec Orange et la Caisse des Dépôts, entend contribuer à limiter les déplacements et promouvoir le télétravail, grâce à des espaces  implantés à proximité des quartiers résidentiels. Six de ces centres (Fontainebleau, Beauvais, Montereau, Moirans, Bourg-La-Reine et Cergy) sont déjà sortis de terre, attirant 700 clients, principalement des TPE et TPME. Pour mener ces déploiements et rester l'acteur de référence du secteur, le groupe IWG, la maison-mère de Regus, consacre 7,3% de son CA annuel à l'investissement.

Benoit Zante

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