Flex Office, Home Office, Coworking : comment Nexity envisage l’entreprise de demain

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Qui ?
Matthieu Wargnier, DRH de Nexity (7 000 employés) et membre du comité exécutif du groupe, qui opère sur tous les domaines de l'immobilier (transaction, gestion, conception, promotion, aménagement, conseil).

Quoi ?
Un point sur une dimension clé de la digitalisation des entreprises : la transformation des espaces et des modes de travail. Un sujet que Matthieu Wargnier abordera, entre autres, lors des Sommets du Digital à La Clusaz, les 23, 24 et 25 janvier 2017, sur le thème : "Imaginer demain pour réussir aujourd'hui!"

Comment ?

"De plus en plus, les grandes organisations prennent conscience que le véritable enjeu de la transformation digitale, c'est la culture" explique Matthieu Wargnier, arrivé en avril 2016 chez Nexity, en provenance du groupe industriel Rexel. Parmi ses missions : "promouvoir l'innovation et l'agilité au cœur de la culture d'entreprise". Une façon de reconnaître le rôle privilégié des RH dans la transformation numérique.

L'environnement de travail joue un rôle non négligeable lorsqu'il est question de modifier en profondeur la culture d'une entreprise... à condition de ne pas se contenter d'installer un baby-foot ou une table de ping-pong pour mimer les start-up. En tant que promoteur de bureaux, Nexity est doublement confronté à ce sujet : en interne, mais aussi vis-à-vis de ses clients. De la Société Générale - avec ses "Dunes" - à l'ESN OnePoint (lire aussi notre article), les entreprises commencent à comprendre l'avantage concurrentiel que peuvent représenter les bureaux, que ce soit pour attirer les talents, améliorer le bien-être des salariés ou pour les faire travailler plus efficacement."

La façon dont sont conçus les espaces de travail est très structurante sur la culture digitale d'une entreprise. Le travail collaboratif nécessite un espace de travail virtuel, qui regroupe des outils comme Skype, Trello et les réseaux sociaux d'entreprise, mais il passe aussi par une refonte de l'espace physique." Les études menées par Nexity auprès de ses collaborateurs sont sans appel : l'open space n'a clairement plus la cote. "Mais en même temps, personne ne se voit revenir à des bureaux fermés..." explique Matthieu Wargnier.

Le "flex office", un concept en pleine expansion, est l'incarnation des nouveaux modes de travail collaboratifs et décloisonnés : l'idée est de donner aux employés le choix de leur espace de travail à tous les moments de la journée, en fonction des projets et des types d'activité. "Comme dans un appartement, vous n'avez pas un fauteuil avec votre nom dessus : on utilise les espaces en fonction des usages. Cela demande davantage de fluidité à l'entreprise, avec toujours plus de postes de travail que de personnes présentes dans les bureaux.

"Dans des bureaux classiques, 40% des postes ne sont pas occupés, même en période d'affluence. "Si cet espace est utilisé à la place pour créer des salles de concentration, de sieste ou d'échange, on crée davantage de bien-être et les collaborateurs restent gagnants." Ce "flex-office" sera expérimenté en 2017 chez Nexity, mais le promoteur n'a pas attendu pour le proposer à ses clients.En complément, les entreprises développent aussi le travail nomade, "qui est tout autant bénéfique pour la ville et l'environnement que pour le collaborateur et l'entreprise » estime Matthieu Wargnier. Chez Nexity, ce télé-travail est une réalité récente : "Nous allons permettre une journée de travail nomade par semaine, après échange avec les représentants du personnel. Cette logique de travail flexible n'était pas possible il y a quelques années, quand les modes de collaboration et les outils permettant la mobilité n'étaient pas encore là. Mais il y a désormais un alignement des planètes en sa faveur."

Reste que le télé-travail ne s'organise pas à la légère : "Il y a des paliers : si on le fait très peu, un jour par mois ou par trimestre, il s'apparente à des RTT déguisées, mais dès qu'on le pratique plus souvent, un jour par semaine par exemple, on maintient l'attachement de l'employé à l'entreprise tout en augmentant son efficacité et son bien-être. Au-delà d'une journée par semaine, on en perd un peu les effets positifs." Dans ce dernier cas, le coworking, qui permet d'éviter l'effet d'isolement, doit plutôt être privilégié. Nexity possède d'ailleurs ses propres espaces, sous la marque "Blue Office".

Pour développer davantage de flexibilité et de collaboration au sein des entreprises, les bureaux ne font pas tout : les attitudes des managers doivent aussi évoluer en conséquence. En septembre 2016, 230 cadres de Nexity ont ainsi été immergés une journée dans une entreprise "fluide", pour étudier les implications de ces nouveaux modes de travail sur le management. Le "modèle" n'était pas Google, Facebook ou une start-up, mais une entreprise totalement fictive, reconstituée de manière hyper-réaliste, avec des acteurs et des films de présentation. L'intérêt ? "Etudier un cas virtuel nous permet d'aller beaucoup plus vite, en rentrant totalement dans l'entreprise, tout en levant certains freins. Les dirigeants peuvent se projeter bien plus facilement et ne peuvent plus dire que ce n'est pas possible chez nous." En complément de cette journée conçue avec Netexplo, un incubateur de start-up, Epigo, forme les managers RH et opérationnels à la méthodologie "lean start-up" pour accélérer les projets de transformation de l'entreprise.

Les dirigeants du groupe ont conscience que la transformation est un processus au long cours. "Quand on est une entreprise cotée, B-to-C et B-to-B comme Nexity, il n'est ni possible ni souhaitable de devenir brusquement une entreprise libérée. Le défi est de fluidifier l'entreprise sans à- coups." Même si certaines décisions fondatrices s'imposent : "en 2014, le baromètre interne a fait remonter un sentiment de 'honte' de la part des collaborateurs envers le niveau informatique de l'entreprise..." La DSI a depuis été réorganisée, pour être intégrée à une direction du digital, qui inclut le marketing. "Depuis, tout a changé : aujourd'hui, les collaborateurs se disent fiers et se considèrent en avance sur les concurrents."

Le groupe immobilier investit entre 20 et 25 millions d'euros chaque année dans des initiatives stratégiques dans le numérique, avec une ambition : "être le leader de l'immobilier digital".

Benoit Zante

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