EG8 : le divorce entre la salle et l’estrade

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Qui ?
Nicolas Sarkozy, Président de la République française, jusque là très fâché avec le mulot. Et qui le reconnait lui même « Je me rapproche d’un monde que je connais mal ».

Quoi ?
L’EG8, un événement dans les jardins des Tuileries, organisé de main de maître en 6 semaines par un Publicis Live boosté au Maxiton.

Combien ?
Plus de 1 500 personnes venues du monde entier. Une appli iPad qui présente les chiffres du net dans le monde. Un déficit pour Publicis, qui pourrait être compensé au cas où l’EG8 serait reconduit aux Etats-Unis l’an prochain.

Pourquoi ?
C’est un post de Tariq Krim, en juillet dernier, relayé par Arnaud Dassier, lui-même relayé par Loic Le Meur (le post d’Arnaud Dassier a cumulé 80 000 lecteurs) qui aurait poussé Nicolas Princen à inciter Nicolas Sarkozy à se rapprocher de la génération Internet, déjà bien irritée par l’Hadopi. Si même vos amis vous lâchent…
En octobre, le président recevait les blogueurs, puis le Conseil National du Numérique était créé sous l’impulsion de Pierre Kosciusko Morizet et Jean Baptiste Descroix Vernier. L’EG8 vient compléter cette opération de conquête du cyberespace et de sa génération. En décembre dernier, Publicis envisageait un événement en quatre jours au Grand Palais, mêlant marques et grand public. C’est finalement l’EG8 qui est sorti, tout armé de la cuisse de Jupiter.

Comment ?
Le discours du président insiste sur les droits d’auteur. Il prône le dialogue avec les acteurs du Net, mais l’EG8 a surtout véhiculé des panels consensuels et régulateurs devant une audience composée d’acteurs du web farouchement opposés à toute régulation.
Le seul véritable débat a oppposé l’ancien chanteur des Grateful Dead, John Perry Barlow, invité de dernière minute, aux Ministres et aux entreprises du monde culturel. « Pour l’instant, cette conférence ne parle que d’imposer des mesures toujours plus restrictives. Si on commence par la propriété intellectuelle, on finira par contrôler toute l’expression. Cela ne peut que porter atteinte à une promesse : accorder à chaque être humain le droit de savoir, de satisfaire sa curiosité au plus haut degré, de s’exprimer, où qu’il se trouve. Voilà un héritage d’une importance cruciale ».
Interrogé par nos soins, Henri Seydoux, le Pdg de Parrot, mais aussi l’un des proches du couple présidentiel, repose l’enjeu : « Pour moi les droits d’auteurs sont une thématique proche des Droits de l’Homme. Et c’est très bien de provoquer les Etats-Unis sur ce sujet. Le système français, en protégeant les auteurs par rapport aux éditeurs, protège les idées, donc la démocratie ». CQFD.
Reste que l’EG8 avait davantage un parfum de Carla que de Révolution Française… Qui se passait pourtant entre les tribunes et la salle.

En effet, le E G8 a consacré le divorce entre le public et les invités du panel : les twits antirégulation aboutissaient directement dans le top twit de l’événement. Faute d’être invité massivement sur scène, le public a fait son choix sur Twitter et véhiculé le message résumé par Marc Simoncini, le patron de Meetic : « surtout ne faites rien ».

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