Dividom, Beloola, What a Nice Place : 3 start-up Chti triées sur le volet

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Qui ?
Pierre-Yves Aubert, Incubation Project Officer à EuraTechnologies Lille, Isabelle Bully (en photo) cofondatrice de What a Nice Place, Sabri Heddadji, co-fondateur et Directeur de Dividom et Samuel Mound, Directeur marketing et produit de Beloola.

Quoi ? 
Une journée au coeur d'EuraTechnologies à Lille, à la rencontre de trois start-up innovantes.

Comment ? 

Implanté depuis 2009 dans une ancienne friche industrielle du textile, EuraTechnologies Lille est devenue la ville-champignon du numérique et de l'innovation (lire aussi notre interview de son fondateur). En l'espace de 6 ans, 7 antennes ont poussé autour de l’ancienne filature de coton et de lin pour accueillir les 3 200 personnes des 140 entreprises du parc d'activité. Les start-up incubées ou accélérées y côtoient de grands groupes comme Cisco, IBM, Capgemini, Microsoft ou Tata Communications, venus s’intégrer dans l’écosystème. "D'autres groupes arrivent, comme Engie ou Crédit Agricole avec son Village by CA lillois. Et PSA va venir ouvrir prochainement un garage connecté" révèle Pierre-Yves Aubert.

"L’attractivité de l’écosystème tient à l’intégration des écoles de la région et des laboratoires de recherche. L’INRIA (L'Institut national de recherche en informatique et en automatique) y a installé une équipe spécialisée dans le big data et le CITC (Centre d'Innovation des Technologies sans Contact) mène des travaux sur les objets connectés".. Parfois le labo lui-même fait naître une spin-off de ses travaux et rejoint l’incubateur. Ce rapprochement géographique permet aux entrepreneurs du parc de travailler en étroite collaboration avec les équipes, comme c'est le cas pour What a Nice Place qui muscle son produit avec l'INRIA.

What a Nice Place personnalise le shopping déco par l'image  

Isabelle Bully et son associée Anne Debertonnes ont ouvert leur moteur de recherche en septembre 2015. Cet "assistant shopping de la déco" propose une sélection de produits dans un budget donné, à l'issu d'un test d'affinage des goûts (une série d'images à évaluer). L'algorithme analyse les visuels qui plaisent et fait ses recherches parmi les catalogues de plus de 110 sites e-commerces partenaires. Les recommandations font mouche : le taux de clic sur les produits est de 70%. "Notre questionnaire casse la rigidité des sites e-commerces actuels et apporte une réponse à la fragmentation de l’offre sur internet".

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What a Nice Place démocratise aussi le recours aux pros de la déco. Pour compléter cet assistant automatique, un service premium en ligne fait intervenir de vrais architectes d'intérieur s'appuyant sur la base qualifiée de produits que connait l'algorithme. "Les membres de la communauté nous envoient la photo de leur intérieur et nous faisons nos propositions d’amélioration en adoptant un ton léger. On écrit comme on parle et on essaie d’être drôle. Parmi nos recommandations, un ou deux produits sont systématiquement achetés".

Autofinancée depuis 3 ans, la start-up s’apprête à faire une première levée d’amorçage. Son modèle repose principalement sur la monétisation de ses services premium. Pour les services gratuits, elle prend un pourcentage sur les ventes mais se rémunère aussi au clic. "Nous sommes prescripteurs mais rarement dernier clic." La solution ? Offrir  à l'internaute de s'abonner à une "alerte prix" ou suggérer aux enseignes une campagne de promotion ciblée pour déclencher l'achat.

Dividom bouscule l'investissement locatif 

Citée comme l'une des 100 start-up dans lesquelles investir en 2015 par Challenges, Dividom est une plateforme de crowdinvesting immobilier couplée à un service de gestion locative. Fondée en septembre 2014, elle mixe financement participatif et consommation collaborative en proposant à des particuliers d'acheter en ligne et à plusieurs des biens immobiliers à louer, que la start-up gère ensuite.

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"Selon nos calculs, 13 millions de Français songent à l'investissement locatif mais 3 millions seulement le font vraiment. Dividom facilite le passage à l'action en proposant une gestion 100% en ligne, une estimation du rendement transparente et un ticket d'entrée accessible à partir de 500 euros" explique Sabri Heddadji. En ligne depuis janvier 2015, la plateforme a géré la vente de 36 habitations et 6 locaux commerciaux, via 17 campagnes de "crowdinvestment" représentant un total de 4,3 millions d'euros, 1,3 millions de fonds propres et 3 millions de crédits souscrits par ces "sociétés civiles immobilières" numériques flexibles et plus accessibles.

Avec un modèle 100% en ligne et une rémunération sur la vente (6% inclus dans le prix du bien) et sur les loyers (4% pour la gestion locative), Dividom bouscule l'immobilier et de la finance. "Nous avons déjà déboursé 60 000 euros en frais d'avocat pour démontrer la validité du projet et avancer sur les aspects légaux. Nous sommes en discussion avec la FNAIM et l'AMF et nous avons participé à un débat le 15 décembre avec des députés et le Président de l'ANACOFI". En plus des barrières légales, il faut ensuite convaincre les internautes de se lancer. "Malgré le parcours 100% en ligne, c'est le contact humain qui fait la différence, notre taux de transformation est nettement supérieur quand il y a un appel téléphonique ou un rendez-vous."

Beloola explore la réalité virtuelle

"Nous sommes sur un marché qui n'existe pas encore, mais tout le monde est dans les starting blocks" assure Samuel Mound. Le casque Samsung Gear VR powered by Oculus, vendu depuis le 19 novembre 2015 à 99$ était en rupture de stock au bout de quelques heures. Son kit de développement aussi. Passée par le programme entrepreneurial de Stanford et Euratechnologies, puis par une accélération dans la Silicon Valley, la start-up a trouvé son focus : "notre  web en 3D va faire le lien entre l'internet 2D tel qu'on le connait et l'immersion personnalisée du futur."

Sur le site en ligne, chaque utilisateur peut pour l'instant construire sa parcelle, comme dans les Sims, et y agréger ses flux sociaux. L'interface, accessible depuis un navigateur est facile à prendre en main avec un clavier ou un casque de réalité virtuelle comme Oculus. Les interactions reposent sur le chat et bientôt les émojis. Encore embryonnaire, Beloola veut devenir pour chaque individu et chaque marque un lieu d'agrégation 3D où se mêlent contenus et activités e-commerce.

Quelques espaces sont déjà accessibles. Boiler Room, le site de streaming des lives de DJs britanniques, possède un dancefloor virtuel pour venir écouter en direct le live d'une soirée. En août, la première session de la DJ Nina Kraviz a rassemblé au plus fort de la soirée une cinquantaine de curieux. "Tout est encore très expérimental, pour construire de la rétention, nous nouons des partenariats avec des créateurs de contenus". Au programme : le stade de basket virtuel des Warriors d'Oakland, une salle de classe en 3D pour Stanford, un accord avec le PSG et un partenariat avec Family Place, le réseau social privé d'Orange." L'objectif est d'apprendre en marchant, de saisir les usages émergents, et bien sûr de survivre en attendant que la VR devienne mainstream."

Monelle Barthélemy

beloola warriors

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