Damien Viel : « Twitter est loin, très loin, des chants de tocsin de la presse »

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Qui ?
Damien Viel, DG France de Twitter depuis 6 mois.

Quoi ?
Une interview, alors que Twitter est chahuté par la bourse et les médias.

Comment ?

- Twitter a 10 ans. Un bilan ?

En 10 ans, Twitter a changé la façon de communiquer. C'est la plateforme la plus influente pour la diffusion et la distribution de contenus, ce qui va bien au-delà de la définition de "réseau social". Twitter a toujours 10 à 15 minutes d'avance sur l'actualité. C'est une sorte de fenêtre ouverte sur le monde, en direct. Avec l'essor de Periscope depuis un an, nous sommes devenu la plateforme mondiale de la vidéo live. L'application est dans le top des AppStores et a un impact considérable sur l'utilisation de Twitter.

- Vous n'en avez pas assez d'entendre chaque semaine que Twitter est en train de mourir ?

Nous sommes loin, très loin, des chants de tocsin de la presse ! 80% de notre audience est mobile, mais elle est encore mal mesurée. En France, le panel Cross-Screen de Médiamétrie, qui sort dans quelques semaines, va beaucoup changer la façon de nous évaluer. Aussi, nos accords avec les moteurs de recherche font que nous avons aujourd'hui un demi-milliard d'utilisateurs qui ne sont pas enregistrés sur notre plateforme. En France, l'audience a progressé de 56% en deux ans... et c'est sur Twitter que le remaniement ministériel a été annoncé.

- En Bourse, Twitter paie-t-il la comparaison avec Facebook ? En d'autre termes, la grenouille s'est elle faite plus grosse que le boeuf ?

Sur Twitter, n'importe qui peut être entendu, y compris ceux que l'on cherche à bâillonner. Pour accentuer notre percée dans le grand public nous avons cherché à simplifier l'outil. Le remplacement de l'étoile par un coeur nous a fait gagner 9% d'engagement chez les nouveaux utilisateurs et 6% chez nos anciens utilisateurs. En faisant remonter les tweets les plus importants, nous avons aussi augmenté le temps passé sur la plateforme. Sans oublier la vidéo, qui génère six fois plus de retweets qu'une simple image.

- En septembre dernier, vous avez pourtant fermé encore davantage l'accès à vos données, notamment en supprimant du jour au lendemain les compteurs de tweets pour les URL, handicapant de nombreux médias...

C'était à mon arrivée, je ne suis pas au courant.

- Quelles ont été les conséquences du retour de Jack Dorsey à la tête de l'entreprise ?

Il a dressé cinq chantiers : la simplification et l'amélioration de Twitter, la vidéo live, l'investissement sur les créateurs de contenus, la protection de nos utilisateurs et le soutien à l'écosystème des développeurs. Avec Jack Dorsey, Twitter sera plus que jamais Twitter dans son fonctionnement et ses usages.

- Quelle est la marge de manoeuvre d'un patron de pays chez Twitter ?

Quand je suis arrivé en septembre chez Twitter, j'ai eu la surprise de constater que les entités pays étaient incroyablement écoutées. Ce sont nos utilisateurs qui font Twitter et inventent des usages, comme la collecte d'argent ou, en novembre dernier, #porteouverte. Un produit comme Moments (des contenus syndiqués par des équipes aux USA) a été lancé au Brésil et en Grande-Bretagne. Nous ne le lancerons ici que si cela a du sens pour nos utilisateurs.

- Quel est le domaine d'excellence de la France sur Twitter ?

C'est probablement ce que font les pouvoirs publics, gouvernement et collectivité locale. Avec 1 million de follower, Paris est la ville la plus suivie dans le monde. Les personnes qui publient sont moins showbiz qu'aux Etats Unis : politiques, journalistes, sportifs, humoristes et acteurs forment le gros des troupes. Les youtubeurs sont très intéressants pour nous car ils représentent 2/3 de l'usage des 25-55 ans. Notre croissance va se faire par les créateurs de contenus vidéos, y compris des vidéos en provenance d'autres plateformes .

- Les patrons ne sont pas encore très nombreux ...

La France n'a pas vraiment la culture du personal branding. Mais peu à peu, les dirigeants comprennent qu'un tweet de Stéphane Richard a plus d'impact qu'un tweet d'Orange. On fait beaucoup de formation dans les entreprises, on leur explique qu'ils peuvent concevoir un programme éditorial. Les entreprises ont compris qu'il n'y avait pas de risque à le faire, mais au contraire, que c'était risqué de ne pas être présent. Il n'est pas anodin qu'une marque comme Apple décide d'ouvrir son service client chez nous.

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