Comment Barclays surfe sur la vague FinTech

Qui ?
Oliver Stevenson, Community and Operations Manager de Barclays, David Poullier, fondateur de la start-up Virtual View et Jess Williamson, de Techstars.

Quoi ?
Une visite du Barclays Accelerator powered by Techstars, à Londres, qui accueille depuis mars sa seconde promotion. Et se lance à New York.

Comment ?

Alors qu'à Paris, le Crédit Agricole a ouvert son "village" aux start-up de tous les domaines (lire notre interview), Barclays a fait d' un accélérateur dédié exclusivement à la FinTech, à Londres. Tous les six mois, depuis septembre 2014, elle accueille une dizaine de nouvelles jeunes pousses. La nouvelle promotion vient juste d'être annoncée, avec l'arrivée de start-up dans le domaine de la data-visualization, du paiement, de la data science ou de la sécurité informatique (la liste complète est ici).

Quel est l'intérêt d'un tel investissement pour une banque dont la fondation remonte au XVIIe siècle et qui a donc appris à s'adapter au fil des années ? "Nous recherchons les start-up qui s'apprêtent à bouleverser les services financiers. Nous avons déjà une expérience technologique en interne, mais nous venons ici pour nous ouvrir à des sujets encore plus avancés. Ne pas travailler avec les start-up, ce serait rater une énorme opportunité de rester compétitif" explique Oliver Stevenson. Le dispositif vient s'ajouter aux équipes en charge des investissements de la banque, tout en complétant sa R&D classique. "Jusqu'à présent, nous n'avions jamais exploré ce mode de recherche et développement en passant par les partenariats. C'est l'occasion de le faire. C'est même le type de R&D qui croit le plus vite chez nous."

Dans ce projet, la banque ne s'est pas lancée seule : elle a fait appel à Techstars, la Rolls des accélérateurs, qui a essaimé à travers le monde depuis sa création à Boulder, Colorado, en 2006. "Dans notre premier incubateur britannique, ouvert en 2013, la moitié des projets étaient liés à la FinTech, on a compris qu'il fallait faire quelque chose de spécifique sur le sujet" explique Jess Williamson, de Techstars. Si Techstars investit 20 000$ contre 6% du capital de chaque start-up qui intègre l'accélérateur, Barclays ne développe aucun lien capitalistique. "Nous ne garantissons aucun investissement ou partenariat avec les start-up sélectionnées" précise Oliver Stevenson, "mais nous faisons de notre mieux pour travailler avec. Toutes les formes de partenariat sont envisageables : ces entreprises peuvent être de futurs clients ou devenir des prestataires, des investissements ou des partenaires technologiques. Le tout est de les connecter aux bonnes personnes chez nous."

La start-up ViewApp fait partie de la première promotion. Ce street view pour les agents immobiliers permet aussi de visualiser en 3D l'intérieur des magasins... ou des agences bancaires. "Le fait de travailler avec Barclays nous ouvre des portes" explique ainsi David Poullier, qui ajoute : "ils sont aussi liés au monde de l'assurance, ce qui nous a permis d'aller voir AXA. Et grâce à Techstars, nous avons eu un rendez-vous chez AirBnb." ViewApp a vu le jour à Amiens, mais c'est à Londres qu'elle a pu s'épanouir...

L'intérêt pour les start-up retenues va bien au-delà de la simple mise à disposition "gratuite" (contre l6 % des parts)   de locaux au cœur de Londres : "l'intérêt est surtout d'avoir accès à du mentorship et de participer à des réunions entre les fondateurs ou les différents directeurs techniques des start-up." Techstars donne aussi accès à de nombreux services gratuits, négociés auprès d'IBM, Amazon, Paypal et bien d'autres. Devant le succès du dispositif, la banque vient d'annoncer l'ouverture d'un nouvel accélérateur, sur le même modèle, à New York.

Benoit Zante

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