Le plan d’OhMyMag pour conquérir le monde… depuis Tourcoing

Benjamin Tolman

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Qui ?
Benjamin Tolman, co-fondateur et Directeur exécutif du Groupe Cerise, qui édite les sites Gentside et OhMyMag.

Quoi ?
Une interview pour comprendre les ambitions sans limite de ce groupe média qui réalise 1 million de visites par jour.

Comment ?

- Quel bilan tirez-vous de votre année 2014 ?

Un très bon bilan ! Avec un 1 million de visites par jour, nous sommes devenu l’un des tous premiers groupes de médias digitaux de divertissement en France. Sur l'année, nous avons généré 4,5 millions d'euros de Chiffre d'Affaires avec nos deux sites (OhMyMag et Gentside) et notre agence (Kiosk) pour un EBITDA de 1,4 millions d'euros. C'est 40% de plus que nos objectifs. Et nous sommes passés de 30 à 60 salariés.

- Quels sont vos objectifs pour 2015 ?

Nous  avons  l’ambition  de  doubler  notre  audience, pour atteindre environ 60 millions de visites mensuelles, grâce à notre internationalisation. Nous voulons aussi dépasser le milliard de vidéos vues sur nos sites. Fin 2015, nous visons un CA minimum de 8 millions d'euros, avec un groupe de 100 personnes. Tout en restant rentable.

- Quel est votre modèle de développement ?

Nous voulons répliquer le modèle d'OhMyMag et de Gentside à l'étranger : cela va nous permettre de croître plus vite et de façon moins coûteuse qu'en restant sur le seul marché français. Les contenus que nous produisons ont vocation à être universels : nous allons donc nous recentrer sur les contenus à portée internationale plutôt que locale. Il est plus facile d'être un bon challenger sur 50 pays que d'être leader en France. Et en étant un très bon challenger dans 50 pays, on peut devenir leader mondial.

- Quels sont les premiers marchés que vous allez investir ?

Notre expansion va débuter par l'espagnol, avec le lancement de deux sites au premier trimestre en Espagne et au Mexique : Exclusivomen.com et Ohmirevista.com. Dans un deuxième temps, nous avons envie de nous frotter au marché allemand, avec Gentside.de et OhMymag.de. Nous avons déjà commencé des tests. L'idée est de continuer à se développer sur nos fonds propres, avec des rédacteurs basés à Tourcoing. Nous allons conquérir le monde depuis le Nord !

- Où en êtes-vous sur le mobile et la vidéo ?

C'est aussi un axe fort de développement pour nous, avec le lancement de notre plateforme KOL. En tant qu'éditeur, je ne comprends pas pourquoi, quand j'intègre une vidéo Youtube sur mon site, je ne touche pas d'argent. Les plateformes considèrent-elles que l'audience des médias ne vaut rien ? Il faut réinventer le modèle et c'est ce que nous allons faire. Depuis un an, nous développons une plateforme vidéo qui met au coeur de sa stratégie une relation tripartite : plateforme, créateurs de contenus et diffuseurs, avec une nouvelle expérience utilisateur, d'abord sur le mobile puis sur la TV connectée. Une version béta de l’application est actuellement en test, pour un lancement officiel courant 2015. La BPI est partenaire de ce projet ambitieux, et nous avons travaillé avec HP pour la partie technique, pour la montée en charge de l'hébergement.

- Quel est le modèle économique de KOL ?

J'ai rencontré plein de Youtubeur qui me disent qu'ils gagnent 200 euros par mois, alors qu'ils font beaucoup de vues. De la même manière, un site qui diffuse une vidéo Youtube ne touche rien. Avec KOL, nous voulons apporter une audience incrémentale aux créateurs de contenus, tout en répartissant à parts égales les revenus entre les différents intervenants. Nous sommes tellement complémentaire de Youtube que les créateurs auront la possibilité de ne pas référencer les vidéos postées sur KOL dans les moteurs de recherche, pour ne pas cannibaliser leurs vues sur Youtube. Ensuite, ce sera une question de bon sens : ce n'est pas le compteur de vues de Youtube qui vous donne de quoi manger à la fin du mois...

- Qu'en est-il de la publicité ? Vendez vous en direct ou sur les plateformes d'ad exchange ?

A l'étranger, nous allons attendre d'avoir un certain niveau d'audience avant de faire valoir la réussite de la marque et déployer des équipes commerciales locales. Nous allons donc d'abord nous reposer sur des partenaires locaux.

- Et en France ?

La quasi totalité de notre inventaire est commercialisé en direct, à l'exception de la vidéo, mais on y vient. Nous concevons des opérations commerciales complexes, mêlant technologie, native advertising et formats impactants : tout cela n'a pas la même valeur qu'une bannière vendue sur les adex... D'ailleurs, l'entreprise est entièrement pilotée en fonction de la publicité : nous n'avons pas vocation à informer, nous sommes dans le divertissement pur. Cela se voit dans l'évolution de notre audience. Nous avons une base de 20-25 millions de visites par mois, avec la capacité de faire 5 millions de plus si nous avons besoin d'inventaire publicitaire. Pour nous, la course à l'audience n'a aucun sens.

Propos recueillis par Benoit Zante

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