Catherine Lescure : « EDF Pulse a fait des petits dans toute l’organisation »

Portraits de Catherine Lescure

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Qui ?
Catherine Lescure, directrice de la marque EDF.

Quoi ?
Une interview sur le rapprochement d'EDF et des start-up, à l'occasion du lancement de deux plateformes de co-création et de co-innovation entre internautes et entrepreneurs.

Comment ?

- EDF lance deux nouvelles plateformes pour rapprocher les start-up des particuliers et des entreprises. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le principe est simple : EDF Pulse&You est une plateforme pour les internautes, qui va nous permettre de tester des produits et des services avec des clients, pour recueillir des avis très en amont des projets. Les start-up peuvent s'y connecter pour y proposer leurs produits. L'autre plateforme, EDF Connect Entreprise repose sur notre volonté de faciliter la mise en relation de start-up avec des problématiques de nos clients : nous nous positionnons en facilitateur de contacts entre les gens qui ont des besoins et ceux qui ont les solutions.

- Pourquoi vous positionner sur le sujet des start-up ?

Au sein d'EDF, nous n'avons jamais tout fait de notre côté : nous collaborons avec le CEA, Areva, les laboratoires de recherche... Dans notre domaine, on trouve rarement les solutions tout seul. Seulement aujourd'hui, le système est plus ouvert, avec des sociétés plus petites qui innovent. Nous avons ressenti le besoin d'investir ce sujet de l'innovation il y a quatre ans, à la fin de l'année 2012. Plusieurs enquêtes internes et externes ont été menées pour trouver le bon positionnement et l'angle du progrès a été retenu, car l'innovation est intéressante, certes, mais il faut surtout qu'elle apporte un progrès dans la vie des gens. L'électricité que nous produisons et commercialisons est au service de cette vie meilleure, on la retrouve dans toutes les innovations.

- De cette réflexion est né EDF Pulse, lancé avec FaberNovel. Votre concours de start-up en est à sa troisième édition. Quel bilan en tirez-vous ?

Dès le départ, EDF Pulse a été conçue comme une démarche très transverse, avec les équipes R&D et Open Innovation du groupe, ainsi que notre fonds d'investissement Electra Nova, lancé à la même époque. Au fil du temps, nous recevons de plus en plus de projets : 100, puis 200, puis 300 cette année. Il ne s'agit surtout pas de faire une OPA sur les start-up : l'idée est de les accompagner, non pas en entrant à leur capital, mais en les aidant notamment dans le développement de leur notoriété. Le prix a d'ailleurs fait des petits dans toute l'organisation : des prix EDF Pulse ont aussi été lancés en régions et dans d'autres pays, comme en Languedoc Roussillon, en Rhone-Alpes, en Italie et bientôt en Grande-Bretagne et dans le Nord.

- Concrètement, comment accompagnez-vous ces start-up ?

Les start-up pré-sélectionnées viennent pitcher devant le jury, nous les préparons avant, avec une demi-journée de coaching. Beaucoup nous disent que cette préparation est un énorme atout, car elle permet de mieux valoriser leurs dossiers. Nous les accompagnons aussi dans la modélisation 3D ou la création d’une infographie de leur projet : la première année, il était très difficile d'obtenir des visuels. Ensuite, les start-up bénéficient d'une très forte visibilité et d'une dotation de 100 000€ pour les gagnants. Les lauréats sont ensuite mis en avant sur des salons auxquels nous participons, comme le Salon des Maires ou VivaTechnology en juin prochain.

- L'interne est-il aussi mobilisé sur ce sujet ?

Certains projets bénéficient de liens avec nos équipes, notamment R&D : c'est quelque chose que l'on essaye de développer. Les start-up peuvent avoir besoin d'accéder à nos ingénieurs, nos calculateurs ou à des informations qui les aident à murir leurs projets. En parallèle, nous avons aussi lancé exactement au même moment les prix EDF Pulse en interne, pour donner un coup de projecteur à nos innovations et à la créativité de nos salariés.

- Comment s'organise ce concours interne ?

Il est ouvert à l'ensemble du groupe, y compris les filiales internationales. 140 dossiers sont remontés chaque année et passent devant un jury de pré-sélection, puis un jury final, composé de Jean-Bernard Levy et de son Comité Exécutif. Ce prix est une façon pour les salariés d'être visibles et de raconter leurs projets devant le top management de l'entreprise. Le processus est très participatif, avec un système de votes : les équipes finalistes se mettent en scène pour porter leurs projets sur le réseau social interne. 60 000 collaborateurs ont voté l'an passé. Cela créé une vraie dynamique dans l'entreprise et un effet d'émulation sur les sujets de transformation de l'entreprise.

Propos recueillis par Benoit Zante

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