3 domaines que la Silicon Valley veut transformer avec l’intelligence artificielle

JBStraubel

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Qui ?
Jeffrey Brian "JB" Straubel (en photo), CTO de Tesla et Dominique Piotet, CEO de FaberNovel Americas et directeur de Parisoma.

Quoi ?
Un tour d'horizon des projets d'intelligence artificielle dans la Silicon Valley.

Comment ?

A San Francisco, l'intelligence artificielle est le sujet le plus à la mode dans les dîners en ville. "Avec la puissance de calcul des ordinateurs aujourd'hui, tout laisse à penser que des choses vraiment intéressantes vont surgir dans les 18 mois qui viennent" estime Dominique Piotet, présent dans la Valley depuis plus de 10 ans.

La Finance

Il est facile de toucher du doigt l'explosion des fintech dans la Silicon Valley, on croise même des chauffeurs Uber qui s'essayent au trading de bitcoins. Tirées par le dynamisme des start-up historiques comme Paypal, Square, Lending Club, les Fintech se multiplient et explorent toutes les facettes de l'intelligence artificielle. Affirm, cofondée par Max Levchin, un ancien de Paypal, calcule en 0,3 secondes un prêt à la consommation, selon le réseau Facebook, les connexions Linkedin et les tweets du client, avec des taux d'erreurs bien inférieurs à ceux des banques. Sur Messenger, des chatbots comme Kai Banking de Kasisto, répondent à la question "combien ai-je dépensé en transport le mois dernier ?".

Pour être à la pointe, les grandes entreprises du secteur s'allient aux start-up et aux grands acteurs de l'IA. H&R Block, l'expert des déclarations d'impôts aux Etats-unis, vient ainsi d'annoncer un partenariat avec IBM Watson pour aider ses clients à identifier les meilleures niches fiscales. Les capacités de calcul des ordinateurs en 2016 ont permis des avancées majeures dans le domaine de la reconnaissance d'image et de la voix. Les drones intelligents de Kespry sont désormais utilisés par les compagnies d'assurance pour survoler les zones de sinistres ;  et vérifier si les toits endommagés sont bien le résultat d'une tempête et non d'une tentative de fraude aux assurances. Du coté des banques, Wells Fargo propose le virement par commande vocale : un service alliant IA et identification biométrique de la voix, permettant de transférer de l'argent à sa babysitter en une phrase, de manière sécurisée.

Le travail 

L'IA est aussi appelée à la rescoursse pour résoudre la pénurie de développeurs, criante dans la Silicon Valley. Gigster embauche les codeurs qui n'ont pas envie de travailler chez Google ou Uber, pour leur confier des projets épanouissants et constituer au fur et à mesure une bibliothèque d'algorithmes. A l'autre bout de la chaîne, des clients soumettent leurs projets. L'intelligence du logiciel réalise les devis, utilise un algorithme déjà existant ou mobilise un développeur.

Dans la dernière promo de l'accélérateur Orange Fab de San Francisco, deux start-up s'attaquent au recrutement grâce à l'intelligence artificielle. Wonolo (pour Work. Now. Locally) aide les entreprises à recruter en temps réel, sur mobile, des extras pour quelques heures ou quelques jours. Pour les petites entreprises qui n'ont pas la chance d'être doté d'un responsable RH, TARA (pour Talent Acquisition and Recruiting Automation) filtre les meilleurs profils parmi son réseau de prestataires, les contacte via chat, et les embauche si ça matche. Autre approche, celle de Knack qui augmente les RH par le jeu et les algorithmes. Dans le jeu mobile "Dash Dash", le candidat gère les commandes d'un sushi bar. La manière dont il réagit et gère la difficulté croissante donne un score d'adéquation avec le poste. La start-up travaille avec Axa à New York et a aidé Shell a recruté l'ensemble de son équipe Innovation.

dahsdash

Autre nouvelle venue dans l'univers de l'entreprise, Eva, une assistante de direction virtuelle qui prend des notes pendant les réunions et les points téléphoniques. Elle  fait le compte-rendu et s'occupe du suivi des actions entre les réunions, en envoyant des rappels ou en allant directement mettre à jour des informations (sur le statut d'une vente par exemple) sur les logiciels de l'entreprise. Workfit, la start-up derrière Eva, a levé 5,5M$ (Battery Ventures et Salesforce Ventures ont souscrit). Leader grand public sur la reconnaissance vocale, Amazon n'est pas en reste. Alexa est intégrée à Hipchat et Sisense, deux outils au service de la collaboration des équipes en entreprise.

Les transports

Dans les rues de San Francisco, on croise des véhicules bardés de caméras, prototypes d'Uber ou de Google. La législation s'adapte. En Californie et dans le Nevada, les voitures sans chauffeur (ni volants, ni pédales) sont autorisées. Les camions d'Otto (racheté par Uber) sans chauffeur roulent, et certaines entreprises comme Cruise (rachetée par General Motors) construisent des radars adaptables sur tous types de voiture, vendus 750 $. La technologie est mûre et devrait devenir abordable rapidement.

"Les villes, les aéroports, les distributeurs et les assureurs ne se préparent pas assez à l'arrivée des voitures sans chauffeur, regrette Dominique Piotet. Elles vont avoir un impact fort sur tout un pan des modèles économiques de ces secteurs. Le parking représente ainsi 25% des revenus de l'aéroport Charles de Gaulle à Paris."

Jeffrey Brian "JB" Straubel, CTO de Tesla présentait la voiture version data en clôture de RampUp, la conférence organisée par LiveRamp, rassemblant les acteurs de l'Ad et du "MarTech" au Fairmont Hotel,  mardi 7 mars 2017. "On compte davantage d'ingénieurs software qu'hardware dans nos équipes. Toutes les voitures en circulation collectent et nous remontent des données que nous utilisons pour améliorer constamment la performance de nos modèles". La fonctionnalité autopilote, premier pas du constructeur dans la voiture sans chauffeur, lancée en 2015 a été constamment améliorée depuis. Comme Apple ou Google avec les smartphones, Tesla met à jour les logiciels de sa flotte de voiture dans le monde,  grâce au wifi. La voiture intelligente est encore un plus grand saut que la voiture électrique. "Le conduite est basée sur la vision :  reconnaître les choses et en déduire une action. Un humain conduit avec deux caméras, ses yeux, et acquiert une expérience au fil de sa conduite. Nos ordinateurs cumulent les expériences de toutes les voitures en circulation."

La fascination pour l'IA dans la Valley va de pair avec la crainte de la destruction de l'emploi, et de l'intrusion brutale des robots dans nos vies. "Une intelligence artificielle serait tout à fait capable de vous proposer un coupon en identifiant un tube de dentifrice vide sur l'une de vos photos sur Facebook. Mais ce n'est pas ce que les gens veulent", lançait Kevin Akeroyd, CEO de Cision dans une table ronde à RampUp. Dans tous les secteurs, le visage de l'IA aura sûrement deux têtes : le robot et l'humain.

Monelle Barthelemy

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